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La gouvernance éclairée pour générer la plus forte intention de croissance entrepreneuriale

Publié le 25 février 2015 Mis à jour le 28 mars 2015

D’où vient l’appétence pour entreprendre, compris dans un sens Schumpétérien ? Comment décide-t-on de développer une activité entrepreneuriale ? Telles sont les deux questions auxquelles nous cherchons à répondre dans ce chapitre.

Sur un plan strictement pragmatique, l’APCE estime à près de 500 000 le nombre d’entreprises créées chaque année en France (538 000 en 2013 /source Insee)mais souligne le faible impact économique que ces dernières génèrent (toujours selon l’APCE, 70 % des nouvelles entreprises reposent sur le statut d’entreprise individuelle ou d’auto-entrepreneur). Ces résultats ne seraient pas propres à la France mais généralisables à l’ensemble des 27 pays de l’Union Européenne où les 18,8 millions de micro-entreprises représentent, 92,1 % des entreprises
(source : Eurostat, 2012).

En ce sens, il s’agit de comprendre pourquoi les entrepreneurs ne parviennent pas à générer de la croissance économique qui se traduit par des créations d’emplois et une croissance du Chiffre d’Affaires. Sur un plan plus théorique, les recherches francophones en entrepreneuriat menées ces dernières années se sont surtout concentrées sur les déterminants à l’intention de création d’une entreprise (Fayolle & Gally, 2009 ; Tornikoski et al., 2012) et sur la manière pour susciter l’envie d’entreprendre, en particulier chez les jeunes générations (Byrne & Fayolle, 2009). Aussi, ce présent travail s’inscrit dans une démarche récente sur les déterminants à l’intention de croissance de l’entreprise par un entrepreneur, pas tant au moment de la création qu’au fil de la vie de l’entreprise.

Notre lecture des déterminants repose ici sur une approche liée à l’expérience passée à la fois de l’entrepreneur, en tant que dirigeant de l’entreprise et
de ses activités mais aussi de l’entreprise elle-même, de ses caractéristiques et de ses succès passés. La thèse que nous soutenons dans ce chapitre est que les moteurs de l’intention de croissance évoluent en fonction de l’âge de l’entreprise, et, par là même de l’expérience qu’acquiert l’entrepreneur. Lors de la création de l’entreprise, l’entrepreneur forge ses intentions de croissance de son activité certes en fonction de la perception qu’il a de l’environnement économique mais surtout en fonction de ses motivations, lesquelles dépendent fortement de ses origines sociales, de sa trajectoire de carrière, de l’accompagnement qu’il reçoit mais aussi de son sexe. Passés 5 ans, les intentions de croissance formulées par l’entrepreneur restent élevées mais dépendent surtout des réussites qu’il a pu mener, en particulier en internationalisant son activité mais aussi de la structure organisationnelle qu’il a pu mettre en place, en particulier de sa capacité à développer un conseil d’administration aussi diversifié que possible mais aussi de sa capacité à rester actionnaire unique ou majoritaire. En d’autres termes, passées les cinq années d’ancienneté, l’intention de croissance est guidée par la capacité de l’entrepreneur à être autonome mais bien conseillé, et s’apparente à l’attitude d’un gouvernant éclairé. Pour démontrer cette thèse, nous structurons notre propos comme suit. Dans un premier temps, nous posons nos hypothèses à partir de l’état de l’art sur les intentions de croissance de l’entreprise par un dirigeant puis présentons notre dispositif de recherche, qui repose sur l’analyse de données quantitatives recueillies grâce à un questionnaire administré auprès de 846 membres et lauréats de Réseau Entreprendre®, réseau national de chefs d’entreprise accompagnant la création, la reprise et la croissance d’entreprises. Enfin, nous explicitons nos résultats et notre thèse relative aux déterminants des intentions de croissance que nous discutons en conclusion de ce chapitre.

Mis à jour le 28 mars 2015